15.04.2019, 05:30

«Paradoxal toi-même!», l’air du temps de Sylvie Balmer

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«Paradoxal toi-même!», l’air du temps de Sylvie Balmer

Chronique Découvrez la chronique de notre journaliste Sylvie Balmer.

L’engagement des jeunes en faveur du climat n’est pas du goût de tout le monde. Leur égérie, la jeune écolière suédoise Greta Thunberg, est même vertement critiquée actuellement.

Parmi ses détracteurs, le philosophe français Pascal Bruckner ne cache pas son irritation devant «ces petits perroquets qui nous font la leçon» et dénonce violemment cette «corruption de la démocratie» prophétisée jadis par Platon, quand dans une «inversion des hiérarchies», les vieillards se mettent à suivre les enfants.

Certes, ça fait toujours mal à l’ego quand les gosses traitent de vieux ringards leurs parents qui, hier encore, criaient au génie quand ils dénichaient un vol Genève-Barcelone pour 13.50 francs.

Pour se protèger du vilain reflet du miroir que nous tend cette insolente progéniture, certains sont tentés de pointer ses propres paradoxes, comme le temps que les jeunes passent sur les écrans, par exemple.

A leur décharge, ils ont été élevés par des adultes qui leur demandent de dire bonjour à la voisine, mais qui laissent l’auto-stoppeur au bord de la route. Des parents qui mangent bio mais achètent des carottes pré-rapées. Des gens qui leur apprennent à ne pas laisser couler l’eau pendant qu’ils se brossent les dents mais qui utilisent des applications énergivores pour aller se balader en nature ou, encore plus fou, pour tenter de se désintoxiquer de leur téléphone... 
Alors les jeunes ont leurs paradoxes, soit. Mais ils ont de qui tenir.


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