HC La Chaux-de-Fonds
 05.09.2017, 06:30  

Le HC La Chaux-de-Fonds procède à des remaniements en matière de sécurité

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Le HCC est aussi concerné par les supporters interdits de stade. Même s’ils sont moins quents qu’ailleurs en Suisse, le club a pris des mesures pour limiter les débordements.

 05.09.2017, 06:30   Le HC La Chaux-de-Fonds procède à des remaniements en matière de sécurité

Sécurité - A la veille de la reprise du championnat, le HC La Chaux-de-Fonds revoit ses objectifs de sécurité à la hausse et procède à quelques aménagements. Il entend ainsi avoir un meilleur contrôle sur les supporters adverses. Ça passe par la réduction du secteur visiteur.

A deux semaines de la reprise du championnat régulier de LigGérard Scheidegger, directeur du HC La Chaux-de-Fondsue B, Le HC La Chaux-de- Fonds procède à quelques remaniements… non seulement sur la glace mais aussi à l’interne. Si ses objectifs sportifs sont clairs, ses objectifs sécuritaires le sont aussi: le club veut obtenir un bilan aussi bon que celui de la saison dernière, qui a connu très peu de débordements.

Le HCC va ainsi procéder à des réaménagements, tout en devant gérer plusieurs points d’interrogation. Les réponses de Gérard Scheidegger, le directeur général du HCC.

 

Quelles nouveautés apportez-vous, en matière de sécurité, pour encadrer les matches du HCC?

Nous sortons d’une séance de coordination avec la Police cantonale, qui nous aide à gérer la sécurité. Le bilan sécuritaire de la dernière saison est excellent. Nous allons néanmoins procéder à quelques travaux de réaménagement pour le confort de nos supporters, avec pour conséquence de réduire la taille du secteur visiteurs.

Les fans des clubs adverses n’auront par ailleurs plus accès aux WC internes de la patinoire, toujours dans cette idée de réaménagement et dans l’idée de contenir les supporters. Cet espace pouvait en effet donner lieu à des tensions. En contrepartie, nous leur aménageront expressément des WC à l’extérieur de l’enceinte.

De tels changements vont-ils réellement améliorer la sécurité?

Oui, nous aurons davantage de contrôle sur le secteur visiteurs et la gestion des supporters adverses sera grandement facilitée. Mais nous sommes face à un autre problème, récurrent et qui s’étale au niveau suisse: les personnes interdites de stade. Ces fans font le déplacement lors de matches, malgré le fait qu’ils soient exclus des enceintes sportives. Nous avons pu le constater notamment avec Martigny Red Ice: des supporters interdits de stade venaient faire des grillades aux alentours de la patinoire… avec l’intention bien marquée de provoquer, de chauffer d’autres fans. C’est un problème et nous devons encore trouver une solution.

Le HCC est-il aussi concerné par les supporters interdits de stade?

Nous avons une dizaine de fans concernés sur un noyau dur de 1’500 supporters. Ce sont des interdictions prononcées pour différents motifs, généralement des bagarres et casse. Ces personnes sont reconnues par nos services de sécurité et par la police et il leur est en principe impossible de pénétrer dans la patinoire.

Que fait le club pour atténuer les violences qui entourent les matches?

Nous faisons de la prévention en invitant les représentants de nos fan’s club. Mais vous savez, lorsqu’ils sont devant vous, les supporters sont gentils comme des agneaux (rires). Hormis leur rappeler les règles de bonne conduite, nous avons engagé un délégué aux supporters dont la mission est d’accompagner, d’encadrer voire de calmer les fans, y compris lors des déplacements. Dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire ne sert à rien: ce que nous voulons, c’est être fiers de nos couleurs, ensemble.

A vous entendre, les débordements sont peu fréquents. Dès lors, quel budget consacrez-vous à la sécurité?

Grosso modo, nous consacrons environ 70’000 francs par année à la sécurité, montant qui englobe les frais de notre propre service de sécurité (red: une quarantaine de personnes) et qui comprend les montants qui nous lient au Canton et à la police. Ce montant peut varier en fonction des matches à risque.

Quelles rencontres considérez-vous comme étant à risque?

Avec la disparition de Martigny Red Ice, il y a moins de problèmes. Aujourd’hui, je dirais que les matches face à Ajoie restent parfois sous tension. Il faut être vigilant et surveiller les réseaux sociaux car les groupes se chauffent aussi par ce biais. Et le cas échéant, augmenter les effectifs de sécurité.

En cas de débordement, quel est le degré de responsabilité du club?

Nous sommes responsables de ce qui se passe à l’intérieur de la patinoire. Dès le moment où les supporters sortent, la police les prend en charge, en bonne intelligence avec les différents partenaires. Si des fans externes venaient à faire des dégâts chez nous, la note est envoyée à leur club, comme ç’a été le cas lorsque des WC ont été brisés par des supporters. De notre côté, nous n’avons jamais eu de problèmes avec nos propres supporters.

La Ville vous a transféré la gestion du domaine public jouxtant la patinoire. Si vous pourrez en tirer des bénéfices en proposant davantage d’animations et de restauration, vous devrez aussi gérer la question du parcage. Comment?

Cette décision a ses bons et ses mauvais côtés, en effet. Nous héritons ainsi de la gestion du trafic durant les matches, point qui était jusqu’à présent géré par la Sécurité urbaine. Le HCC aura donc recours à des bénévoles chargés de gérer la circulation. Au-delà des coûts que cela représente, par exemple rien que pour s’équiper de bâtons lumineux, cette décision nous pose le problème suivant: la Sécurité urbaine était identifiée en tant que telle et faisait figure d’autorité lorsqu’une consigne était donnée. Je suis un peu plus perplexe sachant que ce rôle incombera à nos bénévoles.

Anabelle Bourquin, a+ La Chaux-de-Fonds + Le Locle

«Nous ne devons pas être la base du problème»

La Police neuchâteloise mobilise entre 10 et 50 agents par rencontre pour le HC La Chaux-de-Fonds. «Cela représente plusieurs dizaines de milliers de francs par année, réglés selon une convention qui lie l‘Etat et les clubs», résume le porte-parole de la police Pierre-Louis Rochaix.

«Le coût comme les effectifs dépendent du nombre de rencontres jouées, y compris en play-offs, et des adversaires. Nous définissons les critères de risques avec les clubs». Dans la part du budget, la nécessité d’avoir recours à des policiers spécialistes tout au long de l’année «pour identifier les fauteurs de troubles et faire le relais avec les clubs». A quoi s’ajoutent les frais de gestion de circulation, de maintien de l’ordre et de la sécurité publique.

La police n’intervient dans la patinoire que sur demande. Et de façon générale, elle n’est pas là pour faire de la répression. «Notre rôle n’est pas d’être à la base du problème! Si vous êtes présent de façon ostentatoire, l’équilibre est rompu». Les frais de sécurité sont moins élevés dans le hockey que dans le foot. «Les mouvements hooligans sont nés avec le foot et ce sport est de façon générale plus populaire».


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