09.09.2017, 00:01  

«En janvier, je ne marchais pas»

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Solane Stephens exulte après son succès, acquis de haute lutte, face à Venus Williams.

 09.09.2017, 00:01   «En janvier, je ne marchais pas»

TENNIS - Finaliste de l’US Open face à Madison Keys, Sloane Stephens est une miraculée.

L’histoire est belle. Elle est de celle que l’Amérique adore. Son héroïne: Sloane Stephens, joueuse originaire de Floride qui, ce soir, disputera la finale de l’US Open contre sa compatriote Madison Keys. Sa première finale, aussi, de Grand Chelem. Sloane Stephens? Une jeune femme que certains imaginaient perdue pour le tennis. Une sorte de miraculée qui, en deux...

L’histoire est belle. Elle est de celle que l’Amérique adore. Son héroïne: Sloane Stephens, joueuse originaire de Floride qui, ce soir, disputera la finale de l’US Open contre sa compatriote Madison Keys. Sa première finale, aussi, de Grand Chelem. Sloane Stephens? Une jeune femme que certains imaginaient perdue pour le tennis. Une sorte de miraculée qui, en deux semaines de rêve, est passée de l’ombre à la lumière.

Cette montée vers le soleil a surpris toute l’Amérique… Elle en premier: «Si quelqu’un m’avait dit, quand j’ai recommencé à jouer à Wimbledon, que je disputerais la finale de l’US Open, je l’aurais traité de fou», reconnaissait-elle jeudi soir après sa demi-finale remportée contre Venus Williams (6-1 0-6 7-5), au terme d’une fin de partie épique. «Je suis contente de bien jouer, c’est sûr, mais je suis surtout heureuse que mon pied aille bien, que je ne ressente plus aucune douleur et que mon corps tienne le coup…»

Fracture de fatigue

Sloane Stephens apprécie, sourit à la vie. Elle le sait, elle est une revenante, elle qui a souffert dans sa chair, qui a souffert dans sa tête pendant presque un an de galère. Depuis les Jeux olympiques de Rio en août 2016 précisément, lorsque son pied gauche, victime d’une fracture de fatigue, l’a lâchée. «J’ai dû subir une opération et suivre une longue réhabilitation», se souvient-elle sur un ton devenu plus grave.

Pour mieux décrire ses doutes, elle ajoute alors: «En janvier dernier, j’avais un énorme plâtre et je ne pouvais pas marcher. Je regardais l’Open d’Australie en me demandant si je pourrais revenir un jour sur le circuit et, si oui, dans quel état.»

La résidente de Fort Lauderdale est aujourd’hui rassurée. Après des débuts cahoteux en juillet (élimination au premier tour à Wimbledon et à Washington), elle a vécu un mois d’août fructueux avec deux places en demi-finale à Toronto et Cincinnati. Quant à son mois de septembre, il est tout simplement parfait. «Je joue à un niveau incroyable en ce moment. Je n’arrive pas vraiment à l’expliquer pourquoi. Ce qui m’arrive est presque irréel», jubile-t-elle.

«Belle leçon d’humilité»

Née en mars 1993 d’une maman ancienne nageuse devenue psychologue et d’un papa ex-joueur de football américain, Sloane Stephens était considérée comme la future Serena Williams lors de ses premiers coups de raquette dans le milieu professionnel. Demi-finaliste de l’Open d’Australie en 2013 (après avoir battu cette même Serena) et douzième joueuse mondiale la même année, la demoiselle semblait partie pour la gloire.

C’était compter sans trois saisons de «moins bien» et sa blessure au pied. Des aléas du sport et de la vie qui, elle le dit, lui ont permis de changer en bien. Parce que non, Sloane Stephens n’a pas toujours été cette jeune femme sereine et radieuse que l’on découvre à Flushing Meadows. «Avant, j’étais focalisée sur ma carrière, renfermée et trop émotive. Pour moi, le tennis était une question de vie ou de mort», souffle-t-elle.

Aujourd’hui classée au 83e rang WTA, la jeune femme l’avoue: «Cela a été une belle leçon d’humilité. Ces quinze semaines avec le pied coincé dans une botte de marche m’ont nettoyé la tête. Elles m’ont fait comprendre que la vie est belle, que tout va bien. Maintenant, je ne fais plus les choses pour les gens, je les fais pour moi, pour le plaisir.»

Sloane Stephens a trouvé des valeurs, ses valeurs. Celles qui, peut-être, lui permettront de dominer Madison Keys ce soir et de devenir la nouvelle championne de l’US Open.

Hingis en finale

Yung-Jan Chan et Martina Hingis joueront leur première finale commune en Grand Chelem à l’US Open. Têtes de série no 2 du tableau, la Taïwanaise et la Saint-Galloise se sont imposées 6-4 6-4 face au duo indo-chinois Sania Mirza/Shuai Peng (no 4). Elles se mesureront à Lucie Hradecka/Katerina Siniakova (no 7) au stade ultime.

Sorties en demi-finales à Roland-Garros puis en quarts de finale à Wimbledon, Chan/Hingis ont donc enfin franchi un palier supplémentaire. Martina Hingis n’a plus disputé de finale majeure en double dames depuis l’Open d’Australie 2016, où elle avait alors conquis un troisième titre au côté de... Sania Mirza.

Yung-Jan Chan et Martina Hingis, qui ont soulevé six trophées depuis le début de leur collaboration en février, ont pourtant manqué leurs entames de set hier. Elles furent menées 0-3 dans le set initial, puis 1-3 dans la deuxième manche. Mais Chan/Hingis ont fait preuve d’une efficacité redoutable: elles ont converti 4 des 7 balles de break dont elles ont bénéficié, alors que Mirza/Peng affichent un maigre 2/10 dans cette statistique. ats

Sur la route, il y a Madison

New York est aux anges. Pour la première fois depuis 2002 et un duel entre les sœurs Williams, deux Américaines se retrouvent en finale de l’US Open. Sur la route de Sloane Stephens (WTA 83), il y a en effet Madison Keys (WTA 16).

Et les demoiselles ont des points en commun. Les deux s’apprêtent à vivre leur première finale de Grand Chelem et, surtout, elles reviennent de nulle part. Tout comme Sloane Stephens pour son pied gauche, Madison Keys a dû passer par la case «hôpital» pour une blessure, elle, au poignet gauche. Opérée à deux reprises, en décembre et en juin, Madison Keys se considère, elle aussi, comme une miraculée: «Quand j’y pense, cela me fait beaucoup rire», s’est esclaffée la joueuse de 22 ans après son facile succès en deux sets contre sa compatriote CoCo Vandeweghe (6-1 6-2).

Puis d’interroger: «Qui aurait pensé lors de l’Open d’Australie que Sloane et moi serions finalistes de l’US Open? Nous venions d’être opérées, nous regardions les matches au fond de notre canapé et, ni elle ni moi, n’étions en mesure de tenir une raquette.» Madison versus Sloan: New York en salive déjà. pad


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