14.09.2017, 00:01  

Des interclubs à la Coupe Davis

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 14.09.2017, 00:01   Des interclubs à la Coupe Davis

TENNIS - Luca Margaroli saura aujourd’hui s’il reste dans le groupe qui défiera la Biélorussie.

Des interclubs de LNA à la Coupe Davis, il y a un bond que ne renierait pas Renaud Lavillenie, recordman du monde du saut à la perche. A 25 ans, Luca Margaroli a réussi cette belle envolée en fêtant cette semaine sa première sélection avec l’équipe de Suisse, qui affrontera la Biélorussie dès demain à Bienne en barrages du groupe mondial.

Le Tessinois du CT Neuchâtel sera-t-il dans les tribunes, sur le...

Des interclubs de LNA à la Coupe Davis, il y a un bond que ne renierait pas Renaud Lavillenie, recordman du monde du saut à la perche. A 25 ans, Luca Margaroli a réussi cette belle envolée en fêtant cette semaine sa première sélection avec l’équipe de Suisse, qui affrontera la Biélorussie dès demain à Bienne en barrages du groupe mondial.

Le Tessinois du CT Neuchâtel sera-t-il dans les tribunes, sur le banc, sur le terrain? Le capitaine Severin Lüthi, qui doit retrancher un nom de sa liste de cinq joueurs, donnera aujourd’hui à 12h la composition finale de son quatuor appelé à livrer bataille pour conserver sa place au sein de l’élite.

«Content et très fier»

Henri Laksonen (115e mondial en simple) et Marco Chiudinelli (ATP 262) n’ayant pas de souci à se faire, tout se jouera entre Antoine Bellier (ATP 760) et les deux néophytes, Luca Margaroli (ATP 738) et Adrian Bodmer (ATP 505), qui vient d’atteindre son meilleur classement planétaire. Spécialiste de double et meilleur Suisse au classement mondial de la discipline (146e), l’homme fort des Cadolles bénéficie sans doute d’une corde supplémentaire dans sa raquette par rapport à ses concurrents.

«Je ne sais pas si je jouerai, ni même si je serai dans l’équipe. Ce choix revient au capitaine. Mais je suis déjà content et très fier de vivre ma première expérience en Coupe Davis», lâche Luca Margaroli. «Il y a de l’émotion, car tout est neuf pour moi. C’était un petit objectif que je m’étais fixé en début de saison. Je prends ça comme une belle récompense. Même si j’ai encore beaucoup à apprendre, c’est un bon premier pas. Quoi qu’il arrive, je suis prêt. A donner le maximum sur le terrain, ou simplement à soutenir mes coéquipiers.»

Le Tessinois n’est pas dupe. Il sait que des portes se sont ouvertes après la victoire de la Suisse face à la France lors de la finale 2014. «Avant cela, avec Stan Wawrinka voire Roger Federer comme titulaires, et Henri Laksonen et Marco Chiudinelli qui étaient devant moi au classement, c’était quand même difficile d’espérer se faire une place...»

Né en Italie

Né le 15 février 1992 à Brescia (ITA), Luca Margaroli possède la double nationalité, suisse et italienne. Mais enfiler ses baskets pour défendre les intérêts de la Botte n’a jamais été une option pour lui. «J’appartiens aux cadres de Swisstennis depuis l’âge de 12ans. En acceptant mes sélections en équipe nationale M14, M16 et M18, j’avais déjà choisi de jouer pour la Suisse en étant plus jeune. Même si j’aurais pu changer d’avis pour la Coupe Davis, je n’ai fait que confirmer mon choix. En fait, je n’ai vécu que cinq ans en Italie. Ma vie, elle est ici. Surtout au niveau du tennis.»

En pleine progression, le Tessinois a atteint ses meilleurs classements à l’ATP cette année, avec une 716e place en simple (le 26 juin) et un 130e rang en double (le 1er mai). «Je suis No1 suisse en double depuis l’année dernière, et c’est une grande fierté», reconnaît-il. «J’ai commencé à davantage jouer sur le circuit Challenger en 2016 et je suis vite monté. Le double colle bien avec mon jeu agressif. J’aime beaucoup cette discipline.»

Ce statut de meilleur Suisse en double, cumulé à une première sélection en Coupe Davis, pourrait-il inciter Luca Margaroli à se focaliser à l’avenir sur le double, comme le Valaisan Yves Allegro l’avait fait avec un certain succès? «Ce n’est pas aussi clair pour moi, car j’ai le sentiment de n’avoir pas encore pu m’exprimer totalement en simple, et donc de n’avoir pas encore atteint mon maximum. Je sais que je peux progresser. J’ai déjà gagné de bons matches cette saison, mais souvent en qualifications de tournois Challenger, ce qui n’apporte aucun point...»

En simple et en double

La semaine dernière, le joueur du CTN a ainsi battu 7-6 7-6 le Russe Ivan Gakhov (ATP 318). En juillet, il avait dominé 6-2 6-4 le Roumain Adrian Ungur (ATP 539), encore classé au 79e rang mondial en 2012. En juin, c’est le Brésilien Joao Pedro (ATP 256) qui était passé à la moulinette (6-4 6-4). La tentation est donc légitime de persévérer un peu en simple. «Après, si je monte encore au classement en double, je serai forcé de faire un choix», avoue le Tessinois. «En Challenger, c’est encore possible de jouer sur les deux tableaux, mais pas sur le circuit ATP. Je n’ai que 25ans. Si je parviens à intégrer le top-100 en double, il y a encore une bonne carrière à faire.»

«J’aime l’intensité de son jeu»

Severin Lüthi n’est pas homme à faire des cadeaux. «Si Luca est avec nous cette semaine, c’est qu’il a mérité d’être là», assure le capitaine de l’équipe de Suisse de Coupe Davis. «J’ai l’impression qu’il s’investit vraiment à fond dans ce qu’il fait. Il n’était peut-être pas le plus fort chez les juniors (réd: 389e mondial chez les M18 en 2010), mais il reste dans son truc. On voit que ça lui tient à cœur, qu’il est fier d’être là, et surtout très motivé à l’idée de jouer pour la Suisse. On verra s’il est dans les quatre ce week-end, mais ce sont des qualités qu’un capitaine aime bien voir chez un joueur.»

Le Bernois est séduit par la polyvalence du Tessinois. «J’apprécie l’intensité qu’il met dans son jeu, dans ses frappes», relance le coach de Roger Federer. «On voit qu’il aime jouer en double et qu’il connaît bien les spécificités de cette discipline, quand même un peu différente du simple.»

Outre ses progrès réalisés sur le circuit (lire ci-dessus), Luca Margaroli a brillé cet été avec le CT Neuchâtel en remportant neuf victoires en... onze matches (deux défaites en simple) en LNA. Une compétition par équipes, comme la Coupe Davis... «Pour ce genre de joueurs, le circuit professionnel est plus important que les interclubs. Mais ce sont les mêmes qualités que l’on voit lors de chaque rencontre», souffle Severin Lüthi, qui a assisté le 8 août dernier à Marin à la rencontre entre le CTN et Grasshopper. «Tu vois qu’il sait ce qu’il fait sur un terrain.»

Si le capitaine souhaite garder un joker dans sa manche en vue du double de samedi, afin d’éventuellement ménager Henri Laksonen ou Marco Chiudinelli (qui devraient logiquement être alignés demain lors des deux premiers simples), Luca Margaroli a de bonnes chances de ne pas être renvoyé en tribune.


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