23.08.2017, 00:01  

Mo Farah dans l’ombre d’Usain Bolt

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Mo Farah a quasiment tout gagné sur les longues distances, mais il n’est que le 31e homme le plus rapide sur 5000m et le 16e sur 10000.

 23.08.2017, 00:01   Mo Farah dans l’ombre d’Usain Bolt

Par olivier petitjean

ATHLÉTISME - Le Britannique quitte la piste avec un palmarès énorme, mais sans l’incroyable aura du Jamaïcain.

Après la retraite d’Usain Bolt, une nouvelle page de l’histoire de l’athlétisme va se tourner avec la dernière course sur piste de Mo Farah, demain à Zurich. Le Britannique a quasiment tout gagné depuis 2011 sur les longues distances, mais son aura est loin d’avoir atteint celle du Jamaïcain.

Est-ce dû au fait que les épreuves d’endurance apparaissent moins attractives...

Après la retraite d’Usain Bolt, une nouvelle page de l’histoire de l’athlétisme va se tourner avec la dernière course sur piste de Mo Farah, demain à Zurich. Le Britannique a quasiment tout gagné depuis 2011 sur les longues distances, mais son aura est loin d’avoir atteint celle du Jamaïcain.

Est-ce dû au fait que les épreuves d’endurance apparaissent moins attractives que le sprint? A la silhouette plutôt fluette de Farah comparée à la carrure hors normes de Bolt? A son phrasé moins emballant, ou alors à l’ombre du dopage qui n’en finit pas de planer autour de son coach Alberto Salazar?

La gagne, pas les records

Toujours est-il que Farah, malgré un palmarès incomparable dans le demi-fond prolongé, reste infiniment éloigné de la notoriété de l’illustre sprinter. Sur Facebook, il affiche un million de fans, contre 19 millions à l’icône des Caraïbes. Et aux récents Mondiaux de Londres, les immenses affiches placardées le long des allées menant au stade montraient le Jamaïcain, et non le Britannique.

Farah n’est évidemment pas à plaindre. A Zurich, en l’absence de Wayde van Niekerk, il touchera le plus gros cachet. «Mais moins de la moitié» des sommes communément versées à Bolt, qui atteignaient jusqu’à 300 000 dollars par meeting, glisse-t-on du côté du Weltklasse.

Mo Farah suscite peu de commentaires dithyrambiques. Même les stars de l’athlétisme britannique, comme le président de l’IAAF Sebastian Coe ou l’ancienne heptathlonienne Kelly Sotherton, semblent faire un peu la fine bouche. Pour Sotherton, Farah n’est pas une légende de l’athlétisme. Et pour Coe, il n’est pas aussi grand que l’était un Haile Gebreselassie.

Pourtant, Mo Farah compte dix titres majeurs sur piste – quatre fois champion olympique et six fois champion du monde – contre six à l’Ethiopien. Mais contrairement à «Gebre», il n’a jamais battu de record du monde. Il n’est que le 31e homme le plus rapide de tous les temps sur 5000 m (12’53’’11) et le 16e sur 10 000 m (26’46’’57). Et même s’il aime – ou aimait – célébrer joyeusement ses succès aux côtés de Bolt, Farah n’affiche pas ce sourire chaleureux et charismatique qui a fait le succès de Gebreselassie auprès des fans et des publicitaires.

La gagne, pas les records

Ses fins de course d’anthologie vont toutefois manquer aux amateurs. Farah n’avait pas son pareil pour terrasser au finish tous ses rivaux africains, qui n’ont jamais vraiment trouvé la parade. Du moins pas avant que les Ethiopiens, en finale mondiale du 5000 m à Londres il y a dix jours, réussissent enfin une vraie course d’équipe pour propulser leur champion Muktar Edris sur orbite et priver Farah, médaillé d’argent, d’un ultime titre. Les deux hommes se retrouveront du reste demain sur la distance au Letzigrund, et Farah (34 ans) voudra assurément finir en beauté avant de se tourner vers le marathon.

Quoi qu’il advienne, Mo Farah devra vivre avec les doutes entourant ses performances, émis notamment par les médias britanniques avec lesquels il entretient des relations tendues. Son nom est apparu en 2015 dans des documents ressortis récemment par les hackers des Fancy Bears révélant que son passeport biologique laissait alors supposer un «dopage probable», avant que le Britannique soit blanchi par l’IAAF. Le fait aussi que son coach Alberto Salazar soit toujours sous enquête de l’Agence antidopage américaine n’apaise pas la controverse. D’autant que Mo Farah a éclos sur le tard, en 2011, après avoir rejoint Salazar outre-Atlantique.

Farah, fatigué et irrité de devoir lutter contre la suspicion, veut désormais lancer sa carrière sur route sur de nouvelles bases: il affirme avoir pris quelque distance d’avec Salazar et demande qu’on l’appelle désormais Mohamed, et non plus Mo.

Décollage à la gare

Les sept premières des récents Mondiaux de Londres seront en lice lors du concours de la perche féminine aujourd’hui en gare de Zurich (dès 17h30), la veille du meeting Weltklasse proprement dit. L’occasion d’un spectacle de haut vol dans un cadre insolite, auquel se mêleront Nicole Büchler et Angelica Moser.

Malade, Nicole Büchler n’avait pas pu défendre pleinement ses chances à Londres (11e). A défaut de revanche, la Biennoise voudra montrer qu’elle fait toujours partie de l’élite et aussi garder la main face à l’étoile montante de la discipline, la Zurichoise Angelica Moser, médaillée d’or des derniers Européens espoirs (M23).

La reine des gaules, la Grecque Ekaterini Stefanidi, s’apprête encore à crever le plafond, un an après son sacre olympique et à peine quinze jours après son titre mondial. Elle retrouvera l’Américaine Sandi Morris, sa dauphine de Rio et de Londres, et les deux médaillées de bronze des Mondiaux, la Vénézuélienne Robeilys Peinado et la Cubaine Yarisley Silva.

Le public prendra place dans une tribune pour 2000 personnes, à laquelle s’ajoutent les places debout le long du sautoir. L’ambiance dans cet espace relativement confiné s’annonce d’autant plus joyeuse que les compétitrices pourront confier au DJ les morceaux musicaux de leur choix.

Le show n’enlèvera rien, bien sûr, au caractère éminemment officiel de ce concours, dûment homologué. L’épreuve a été ajoutée tout exprès au programme, sachant que la finale de la Ligue de diamant à la perche féminine se tiendra une semaine plus tard à Bruxelles. Zurich est officiellement le théâtre de la finale de la perche masculine, qui se déroulera demain au Letzigrund.

Relais à Berlin

Le relais 4 x 100 m féminin suisse sera à nouveau à l’œuvre dimanche au meeting ISTAF de Berlin, programmé trois jours après le Weltklasse de Zurich. Outre Mujinga Kambundji et Sarah Atcho, récentes 5es du relais aux Mondiaux de Londres, le quatuor helvétique sera représenté par Samantha Dagry et Fanette Humair.


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