29.08.2017, 19:08  

Maison avec vue sur le champ de maïs: la famille n'en peut plus

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Un couple se plaint d'avoir la vue gâchée sur le Val-de-Ruz par le champ de maïs planté par le voisin agriculteur.

 29.08.2017, 19:08   Maison avec vue sur le champ de maïs: la famille n'en peut plus

Savagnier - Les querelles de voisinage vont bon train à Savagnier, entre le couple Perret et l’agriculteur qui exploite le champ de maïs. Semée à la limite de leur propriété, la culture, qui atteint actuellement 2,2 mètres de haut, leur gâche la vue. Et accessoirement la vie. Les tentatives de conciliation restent vaines.

En construisant leur maison sur les hauteurs de Savagnier, Dominique et Nathalie Perret s’imaginaient déjà sur leur terrasse, profitant du paysage champêtre vaudruzien.

Au lieu de ça, la perspective visuelle du couple est envahie par un champ de maïs qui atteint actuellement plus 2,2 mètres de haut, semé à ras de leur propriété par leur voisin agriculteur. Ils ont pourtant essayé maintes fois de négocier avec lui. En vain. La...

En construisant leur maison sur les hauteurs de Savagnier, Dominique et Nathalie Perret s’imaginaient déjà sur leur terrasse, profitant du paysage champêtre vaudruzien.

Au lieu de ça, la perspective visuelle du couple est envahie par un champ de maïs qui atteint actuellement plus 2,2 mètres de haut, semé à ras de leur propriété par leur voisin agriculteur. Ils ont pourtant essayé maintes fois de négocier avec lui. En vain. La querelle de voisinage ne semble pas trouver de dénouement heureux.

Depuis début juillet, le maïs a tellement poussé que la vue sur la vallée est totalement gâchée. Photos David Marchon

C’est le deuxième été que la terrasse du couple Perret est encerclée par une luxuriante culture de céréales. Si cette histoire a un côté plutôt insolite, le comble a été atteint lorsque le paysan a entamé la coupe du maïs. "L’année passée, il n’avait pas commencé du côté de notre maison, de sorte à nous dégager la vue. Il avait d’abord moissonné l’autre côté du champ. Et cette année, il fait exactement la même chose. Il a d’ailleurs déjà commencé à couper le maïs", raconte, dépitée, Nathalie Perret.

Le mari assure ne pas être soupe au lait. "C’est la première fois que je me fâche comme ça..." Son épouse renchérit: "Le champ de maïs que notre voisin agriculteur a planté sous nos fenêtres nous bouche la magnifique vue que nous avons sur le Val-de-Ruz."

Conflits depuis six ans

Les conflits avec cette personne ont commencé il y a six ans, dès que le couple a emménagé dans cette maison. "Il y a eu mille tentatives de conciliation... mais ça n’a jamais rien donné", relève Dominique Perret.

Pourtant, cet agriculteur n’est pas le propriétaire du champ de maïs, mais simplement l’exploitant. "La propriétaire est une dame âgée", indique Nathalie Perret. Et de signaler qu’entreprendre une discussion avec elle est peine perdue.

Depuis deux saisons, l’agriculteur sème du maïs jusqu’à l’extrême limite de la propriété de ses voisins.

Un gendarme médiateur

Le printemps dernier, les voisins "ennemis" sont même passés par la case gendarmerie, à Cernier. "Il avait porté plainte contre moi, prétextant que je lui avais saccagé son champ de maïs", confie le mari. Les époux Perret ont sincérement espéré qu’une discussion avec une tierce personne, en l’occurence un gendarme, aurait mis un point final à cette guerre de voisinage. Encore un coup d’épée dans l’eau. "Le gendarme nous a dit d’être patients jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite..."

Dominique Perret explique que l’agriculteur "se cache derrière le le fait qu’il y ait eu une pâture sur ce terrain pendant plusieurs années, ce qui expliquerait qu’il plante du maïs pendant trois ans consécutifs". Selon le directeur de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture (Cnav), Yann Huguelit, l’explication livrée par le paysan fait sens.

Du "bon sens" entre voisins

Pourtant, le couple sylvagnin se défend en parlant de courtoisie et de "bon sens" entre voisins. "Il exploite beaucoup de terres un peu partout dans le coin. Il pourrait très bien planter du colza ou du blé", observe Nathalie Perret.

Contacté hier par téléphone, l’agriculteur n’a, lui, pas souhaité s’exprimer pour le moment. Quant aux époux sylvagnins, ils ont jeté l’éponge. "La communication est coupée", note Dominique Perret, qui s’attend à avoir la vue gâchée par le maïs encore l’été prochain.

«ça relève plus du savoir-vivre»

"A ma connaissance, il n’existe pas de base légale qui impose à un agriculteur de ne pas semer jusqu’à la limite de sa propriété. Je crois que ça relève plus du savoir-vivre entre voisins", indique Yann Huguelit, directeur de la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture (Cnav). Il précise toutefois qu’une rotation des cultures doit être effectuée. Ce qui signifie que les voisins du paysan concerné ne devraient être encerclés par les hautes tiges de maïs "qu’une fois tous les quatre ans".

Pourtant, cette famille de Savagnier déclare ne plus pouvoir profiter de la vue sur la vallée depuis deux saisons. La rotation n’aurait donc pas été respectée?

"Comme il y a eu un remaniement parcellaire, les modifications n’ont peut-être pas encore été faites", suppose Yann Huguelit. Et le directeur de la Cnav de souligner que ces rotations sont essentielles à deux niveaux. Premièrement, "afin d’éviter des transmissions de maladie", notamment des champignons. Deuxièmement, "pour les bienfaits de la terre", à l’instar de la gestion des mauvaises herbes.

En outre, il fait remarquer qu’il existe deux systèmes de contrôle: "Un organe de contrôle, nommé Anapi (Association neuchâteloise des agriculteurs en production intégrée) ainsi que des contrôles ponctuels pour vérifier que ces rotations sont effectuées."


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