06.09.2017, 00:01  

La Providence et Montbrillant veulent pouvoir opérer davantage

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 06.09.2017, 00:01   La Providence et Montbrillant veulent pouvoir opérer davantage

SANTÉ - Le groupe privé GSMN a atteint son quota annuel dans le domaine de l’orthopédie.

de quoi on parle?

Les cantons doivent établir une planification hospitalière. Elle donne la liste des établissements autorisés à accueillir les patients selon les conditions de base de l’assurance maladie (le canton assumant 55% de la facture), les disciplines médicales qui leur sont attribuées et le nombre de cas par année.

En 2015, le Conseil d’Etat a établi une planification portant...

de quoi on parle?

Les cantons doivent établir une planification hospitalière. Elle donne la liste des établissements autorisés à accueillir les patients selon les conditions de base de l’assurance maladie (le canton assumant 55% de la facture), les disciplines médicales qui leur sont attribuées et le nombre de cas par année.

En 2015, le Conseil d’Etat a établi une planification portant sur les années 2016 à 2022. Estimant qu’elle ne respecte pas le droit fédéral sur plusieurs points, GSMN Neuchâtel a saisi le Tribunal fédéral administratif. La décision de la plus haute cour du pays est toujours attendue.

Parmi les points qui ont fait bondir GSMN: le Conseil d’Etat a décidé de réduire progressivement le nombre de cas attribués au groupe privé dans le domaine de l’orthopédie et d’augmenter celui de l’Hôpital neuchâtelois (HNE), l’établissement cantonal public. «Une décision conforme à la doctrine socialiste», a commenté hier Antoine Hubert, administrateur délégué du groupe de cliniques privées. Avant d’ajouter: «Mais nous refusons que l’Etat profite de son statut de législateur pour tuer un acteur hospitalier qui se porte bien.»

GSMN a pris en charge 1800 cas d’orthopédie en 2016. Pour 2017, il doit s’en tenir à 1150. L’HNE doit passer de 560 cas en 2016 à 920 cette année.

«Le problème, c’est que l’HNE ne dispose absolument pas des moyens humains et logistiques lui permettant d’atteindre son quota», a déclaré hier Philippe Bauer, administrateur de GSMN Neuchâtel (et par ailleurs conseiller national PLR), lors d’une conférence de presse.

Le groupe privé a dès lors demandé au Conseil d’Etat d’accorder une dérogation sur les quotas qui lui ont été attribués (comme le gouvernement l’a déjà fait en 2016). «Nous attendons sa réponse pour la fin du mois».

Selon GSMN, en cas de refus du gouvernement, «600 opérations devront soit être reportées en 2018, soit réalisées dans un autre canton. Ce serait un comble puisque nous, à la Providence et à Montbrillant, nous sommes parfaitement en mesure de les réaliser.» Philippe Bauer a ajouté: «Un éventuel refus du Conseil d’Etat aurait en outre de nombreuses conséquences fâcheuses, parmi lesquelles des coûts supplémentaires pour les contribuables. Et, pour GSMN, des problèmes de surcapacité, avec tout ce que cela pourrait impliquer en termes de ressources humaines.»

En fait, GSMN a d’ores et déjà dépassé son quota de cas pour 2017. Et de très nombreuses opérations sont prévues dans les mois à venir. «L’Etat, désormais, ne paie plus sa part des factures», a révélé hier Antoine Hubert. Avant de préciser: «Mais nous avons décidé d’assumer le risque financier lié au dépassement actuel et futur de notre quota.»

Contacté, l’HNE indique «avoir confirmé au Service cantonal de la santé notre capacité à réaliser les prestations orthopédiques qui nous sont octroyées en ce qui concerne les salles d’opérations». Mais: «Suite au démarchage actif de GSMN, nous rencontrons temporairement des difficultés en termes d’opérateurs disponibles.» Comprenez: l’HNE estime que GSMN a débauché l’un ou l’autre de ses médecins orthopédistes...

L’hôpital cantonal précise qu’«un recrutement est en cours, et dans l’intervalle, nous sommes ouverts à accueillir des médecins indépendants pour réaliser dans nos murs les interventions qui nous reviennent.»

Ce n’est pas tout: l’établissement public considère que «si l’Etat devait octroyer une dérogation à GSMN, celle-ci devrait être assortie d’une obligation de participer à la garde cantonale d’orthopédie-traumatologie (réd: pour une fracture par exemple), à laquelle seul un petit nombre d’orthopédistes de GSMN participent aujourd’hui.»

La parole, enfin, à Laurent Kurth, ministre de la Santé: «Le Conseil d’Etat, en2016 et2017, a pris des décisions plutôt favorables à GSMN. A partir de là, je ne comprends pas pourquoi celui-ci cherche à mettre tout le monde sous pressions. C’est ni utile, ni nécessaire. Par ailleurs, je trouve un peu court, de la part de GSMN, de débaucher des médecins à l’HNE et d’affirmer ensuite que ce dernier n’est pas en mesure de remplir ses missions. Enfin, il faut savoir que la problématique est plus vaste, puisque l’HNE assure quasiment à lui seul la garde cantonale en orthopédie-traumatologie.»

ouverture d’une permanence

la chaux-de-fonds GSMN Neuchâtel a annoncé hier l’ouverture à la mi-octobre d’une permanence médicochirurgicale à la clinique Montbrillant (à l’image de ce qui existe déjà à l’hôpital de la Providence). Elle accueillera les patients du lundi au samedi, en journée. Avec ce que propose déjà l’Hôpital neuchâtelois et ce que va proposer la permanence Volta à l’initiative de la clinique de la Tour (notre édition du 15 juin), les habitants des Montagnes auront donc un bien plus grand choix qu’aujourd’hui.

bénéfice GSMN est dans les chiffres noirs. C’est une première depuis que l’ex-groupe Genolier a repris l’hôpital de la Providence, en 2013, puis la clinique Montbrillant, en 2015. Les comptes 2016 font apparaître un bénéfice de 840 000 francs. «Et cela sans percevoir le moindre franc de subvention de l’Etat de Neuchâtel, alors que l’HNE touche 67millions au titre des prestations d’intérêt général», a relevé Alexandre Omont, directeur de GSMN.

contexte

Le groupe de cliniques privées GSMN – Providence à Neuchâtel et Montbrillant à La Chaux-de-Fonds – a atteint le quota d’opérations en orthopédie qui lui a été attribué pour 2017. Il demande au Conseil d’Etat au gouvernement de pouvoir en faire davantage. Motif: selon GSMN, l’Hôpital neuchâtelois ne dispose pas des moyens lui permettant d’atteindre le nombre d’opérations attribué à l’établissement cantonal public. Décryptage.


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