06.09.2017, 00:01  

Comment faut-il adapter la formation au contexte numérique?

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Nicolas Willemin (Arcinfo, L’Express, L’Impartial), Jacques-André Maire (conseiller national PS/NE) et Cristina Gaggini (Economiesuisse)

 06.09.2017, 00:01   Comment faut-il adapter la formation au contexte numérique?

RENCONTRE - Acteurs politiques, formateurs et ingénieurs tâtonnent sur la transmission des métiers de demain.

«Soixante pour cent des métiers qui seront requis par l’économie dans 20 ou 30 ans ne sont pas encore connus, il faut être humble et se dire que nous naviguons un peu à vue». Pas très rassurante pour les jeunes en formation, Cristina Gaggini. La directrice romande de l’organisation patronale Economiesuisse traduit pourtant un sentiment assez général: les acteurs de la formation, de l’économie et de la politique ne savent pas trop à quel saint se vouer en matière de digitalisation.

C’est ce qui ressort d’un débat organisé hier soir par la Chambre neuchâteloise du commerce et de l’industrie et économiesuisse à la HE-Arc.

Faut-il s’en remettre aux parlementaires, qui cherchent à légiférer pour cadrer les évolutions du monde numérique? Faut-il, au contraire, lâcher la bride aux entreprises innovantes et les inviter au cœur du système de formation afin de s’assurer que les élèves qui y sont formés correspondent à la demande du marché du travail?

Pour le conseiller national socialiste Jacques-André Maire, il faut encadrer les nouvelles pratiques des entreprises et donner des moyens au système de formation pour qu’il puisse enseigner les outils comme l’informatique plus intensément. «Nous avons rarement été autant d’accord», lui a répliqué la représentante d’Economiesuisse. Pourtant, la pression sur les budgets publics permet de douter d’une réelle entente politique sur ce point. Elle est pourtant capitale.

L’intervention de Mauro Moruzzi, chef de la division relations internationales au secrétariat d’Etat à la formation, la recherche et l’innovation (et député neuchâtelois), a montré que l’une des recettes d’un certain succès suisse en termes de formation (70% des étudiants suisses étudient au sein d’une haute école qui figure parmi les 200 meilleures du monde), réside dans l’accroissement modeste mais constant des moyens alloués à la formation. Une situation fragile, politiquement, puisque la pression aux économies est récurrente. Le spécialiste a d’ailleurs confié que le message attendu du Conseil fédéral au sujet de la digitalisation était «prêt», au détail près qu’il attendait encore un accord au sujet de son financement.

En attendant, chance ou problème, les partenariats publics/privés que Christina Gaggini appelle de ses vœux émergent déjà: Pierre Anker, représentant du fournisseur d’élément d’automation SMC, venait pour évoquer, justement, le partenariat avec le CPLN qui permettra dès la semaine prochaine aux étudiants de se frotter à une chaîne de production «digitalisée».

Est-ce là le seul moyen de faire le mieux possible coller la formation aux besoins des entreprises qui favorisera le passage à l’emploi ou la soumission de la formation aux impératifs de l’entreprise? Le débat reste ouvert. luc-olivier erard


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