14.09.2017, 00:01  

Du vent dans les voiles de l’UE

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Jean-Claude Juncker veut «parachever la maison Europe».

 14.09.2017, 00:01   Du vent dans les voiles de l’UE

EUROPE - Le président de la commission, Jean-Claude Juncker, présente un vaste programme de réforme de l’Union, qu’il juge revigorée.

Jean-Claude Juncker, grand timonier de l’Union européenne? Le retour, fût-il timide, de la croissance économique, l’insuccès électoral des europhobes aux Pays-Bas et en France, la résurrection de l’axe franco-allemand ainsi que l’apparente absorption par l’UE du choc du Brexit a inspiré, hier, le président de la Commission européenne, qui a prononcé devant les eurodéputés son discours annuel sur...

Jean-Claude Juncker, grand timonier de l’Union européenne? Le retour, fût-il timide, de la croissance économique, l’insuccès électoral des europhobes aux Pays-Bas et en France, la résurrection de l’axe franco-allemand ainsi que l’apparente absorption par l’UE du choc du Brexit a inspiré, hier, le président de la Commission européenne, qui a prononcé devant les eurodéputés son discours annuel sur l’état de l’Union.

«Il faut parachever la maison Europe, maintenant qu’il fait beau et tant qu’il fait beau. Alors, larguons les amarres. Mettons les voiles et profitons des vents favorables», a-t-il lancé à Strasbourg, en présentant un vaste programme destiné à «bâtir une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique» d’ici à 2025. Eléments choisis.

C’est une priorité à court terme de Bruxelles: «Renforcer le programme commercial» de l’UE. Aujourd’hui, la commission proposera notamment d’ouvrir des négociations visant à conclure, avant la fin de 2019, des accords de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. En prenant soin d’agir en toute transparence et en étant mue par la volonté d’exporter les sévères normes de l’UE dans le domaine social, environnemental, de la protection des données ou encore de la sécurité alimentaire.

Parallèlement, elle prônera la création d’un «nouveau cadre de l’UE sur l’examen des investissements» étrangers en Europe. Objectif: protéger les secteurs stratégiques de l’économie européenne (énergie, infrastructures, technologies de défense, etc.) en surveillant de plus près les acquisitions réalisées par des entreprises étrangères – chinoises, en particulier – dans l’UE. Cette idée est soutenue par l’Allemagne, la France et l’Italie. Le Portugal, la Grèce, l’Espagne et les pays nordiques sont en revanche beaucoup plus réticents.

«L’Europe qui protège», l’antienne du président français, Emmanuel Macron, sera également celle que chantera la commission dans les dossiers qu’elle mettra sur la table ou relancera prochainement: le respect de l’Etat de droit, un principe que la Pologne et la Hongrie sont accusées de battre en brèche (un «paquet démocratie» sera présenté demain), la relance de la politique industrielle européenne, en relation avec la lutte contre le réchauffement climatique (propositions lundi), la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité (Bruxelles proposera, mardi, la création de nouvelles agences européennes) ou encore les migrations (nouvelles propositions sur les expulsions – «retours» – de migrants clandestins, sur l’assistance à fournir aux pays africains et sur l’ouverture de voies de migration légales vers l’UE attendues à la fin de septembre).

«Cela ne suffira toutefois pas pour regagner le cœur est l’esprit des Européens», qui éliront les nouveaux membres de l’Assemblée des Vingt-Sept en juin 2019, a souligné Jean-Claude Juncker. «Dans une union ou tous sont égaux, il ne peut y avoir de citoyens, de travailleurs ou de consommateurs de seconde classe.» Le président de la Commission européenne a appelé, dans ce cadre, les Vingt-Huit à s’entendre rapidement sur l’établissement d’un socle des droits sociaux de l’UE et sur la réforme de la législation communautaire encadrant les travailleurs détachés. «Ceux qui font le même travail, sur un même lieu, doivent toucher le même salaire», a-t-il martelé, en répercutant une autre revendication d’Emmanuel Macron à laquelle s’opposent actuellement plusieurs pays d’Europe centrale et orientale. Le Luxembourgeois préconise même la création d’un nouvel «organisme européen d’inspection et d’application» de cette règle.

Est-ce pour amadouer les pays de l’Est? Parallèlement, le Luxembourgeois a insisté sur la nécessité de sanctionner les multinationales qui, sous des marques et des emballages pourtant identiques, proposent parfois des produits alimentaires de moindre qualité en Europe orientale, par rapport à ceux qu’elles commercialisent dans les «anciens» Etats membres de l’UE.

Jean-Claude Juncker veut «une union économique et monétaire plus forte» et présentera des propositions à ce sujet le 6 décembre. Emmanuel Macron sera content: le chef de l’exécutif communautaire est favorable, dans ce cadre, à la création d’un Fonds monétaire européen et d’un poste de ministre européen de l’Economie et des Finances, qui serait à la fois commissaire européen et président de l’Eurogroupe, l’enceinte qui réunit les grands argentiers des 19 pays membres de la zone euro. En revanche, le Luxembourgeois est hostile à l’établissement d’un budget et d’un Parlement propres à la zone euro.

Dans le domaine institutionnel, toujours, Jean-Claude Juncker propose de supprimer la règle des votes ministériels à l’unanimité, dans les domaines de la fiscalité et de la politique étrangère.

Il souhaite par ailleurs fusionner les présidences de la Commission européenne et du Conseil européen, l’enceinte qui regroupe les chefs d’Etat ou de gouvernement des Vingt-Huit. «Le paysage européen serait plus lisible et compréhensible si le navire européen était piloté par un seul capitaine», estime-t-il.


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