11.09.2017, 08:01  

38 000 personnes au Chant du Gros malgré le froid

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 11.09.2017, 08:01   38 000 personnes au Chant du Gros malgré le froid

LE NOIRMONT - Si l’affluence était légèrement plus faible qu’il y a deux ans, le festival noirmonnier a réservé quelques grands moments.

«Les gens du Bas vont dire qu’il faisait particulièrement froid, mais non, c’est normal ici», a lâché le boss du Chant du Gros Gilles Pierre au moment de tirer le bilan de cette 26e cuvée. Une édition qui a attiré un peu moins de gens qu’il y a deux ans: les organisateurs annoncent 38 000 personnes sur les trois soirs, contre 40 000 en 2015. «Il y a eu un peu moins d’enfants le...

«Les gens du Bas vont dire qu’il faisait particulièrement froid, mais non, c’est normal ici», a lâché le boss du Chant du Gros Gilles Pierre au moment de tirer le bilan de cette 26e cuvée. Une édition qui a attiré un peu moins de gens qu’il y a deux ans: les organisateurs annoncent 38 000 personnes sur les trois soirs, contre 40 000 en 2015. «Il y a eu un peu moins d’enfants le samedi, à cause du froid», avance Gilles Pierre. L’an dernier, pour sa 25e édition, le festival avait attiré 50 000 personnes, mais sur quatre jours.

Côté budget, on est à un peu plus de deux millions de francs, selon les organisateurs. Qui précisent que malgré la fréquentation, les chiffres devraient rester noirs. Et ce même si les cachets des artistes enflent d’année en année: «Il y a aujourd’hui une bulle des festivals, comme il y a eu une bulle immobilière il y a quelques années», estime Gilles Pierre. «Elle va sûrement exploser.»

Vaches non germanophones

Vendredi, Christophe Maé a fait danser le public de la Sainte Scène. Un show de variété bien rodé, sans grande prise de risque, mais qui a fait mouche. Et quand même, Christophe Maé à l’harmonica, c’est quelque chose!

Samedi, ce sont les Biennois de Pegasus qui ont ouvert les feux, tandis que le ciel, lui, ouvrait les vannes. «On s’est perdu en venant, on est tombé sur des vaches. On a essayé de leur parler, mais elles ne comprenaient pas l’allemand», a lancé le chanteur, en français. Sans être d’une grande originalité, le pop-rock du quintet, sympathique et efficace, a fait bouger le public.

Emotion ou déception

«Oh p..., c’est dur», lâchait un festivalier au moment où Renaud, tremblant, entamait la première chanson du set, «Toujours debout». «Il était dangereux, voire suicidaire, de programmer Renaud», reconnaissait plus tard Gilles Pierre au moment du bilan. «Soit on a eu de l’émotion, soit on voulait voir le Renaud des années ‘80 et on a été déçu». Avec tout le respect dû à ce grand artiste, sa prestation ressemblait davantage à un karaoké de luxe qu’à un concert.

Comme Renaud, Véronique Sanson portait samedi des pantalons de cuir. Mais la comparaison s’arrête là. A 68 ans, la Française a fait montre d’une énergie et d’une présence scénique époustouflantes. Il faut dire qu’elle avait sorti la grosse artillerie: cuivres et quatuor à cordes, ainsi qu’une section rythmique franchement redoutable. «Merci beaucoup d’être venus et surtout d’être restés!» a lancé l’artiste vers la fin de son show. C’était un plaisir, Madame Sanson.

En fin de soirée, les Français de Dub Inc ont mis les festivaliers en transe. Leur musique oscille entre dub et reggae, mais avec un son et un jeu résolument modernes. Les fans n’ont pas caché leur joie.

Découvertes boudées

Un peu plus tôt sur la scène Déménage, Henri Dès et Ze Grands Gamins ont fait pogoter un public d’enfants-devenus-adultes qui n’ont pas boudé leur plaisir. On a d’ailleurs vu plusieurs belles choses, sur cette scène Déménage. Comme Mark Kelly, La Gale ou encore Anach Cuan. Mais le public n’a pas toujours répondu présent sur ce terrain, ce qui vaut un coup de gueule de la part du boss: «On nous reproche souvent d’être trop consensuels mais dès qu’on s’aventure sur quelque chose d’un peu plus pointu, le public ne suit pas bien. C’est énervant», constate Gilles Pierre.

La prochaine édition du festival aura lieu du 6 au 8 septembre 2018.

 

toujours plus gros

Silent C’était vendredi soir, pendant un moment calme du concert de Christophe Maé. On entend tout à coup quelqu’un gueuler «je rêvais d’un autre moooonde!». La responsable de cet écart de conduite portait un casque de la Silent party sur les oreilles et préférait visiblement la musique qu’y diffusait le DJ à ce qui se passait sur scène.

QUestion jurassienne«Mais t’es un traître en fait!», lance le premier, plus âgé. «C’est pas un traître, il est juste raisonnable», tente de modérer la seule femme du trio alcoolisé. «Il est pas raisonnable, il est juste débile! Quand il dit qu’il n’est pas jurassien mais jurassien bernois, ça m’énerve! On rigole pas avec le Jura».«Mais tu y es quand dans le Jura toi? Moi, j’y vais tous les week-ends», rétorque le plus jeune. «Ben moi, si y a la guerre, j’y viens direct», lui balance l’autre en guise de dernier mot, au moment où le chauffeur de la navette laisse descendre les festivaliers à Neuchâtel.

Allô maman BOBO Edition plutôt calme du point de vue du staff médical. Trois personnes ont tout de même dû être évacuées en ambulance: la première pour une fracture du tibia due aux irrégularités du terrain, la deuxième pour une crise d’asthme et la dernière en raison d’une grosse, grosse alcoolisation. Dans ce registre, il y a «ceux qui ne connaissent pas leurs limites et ceux qui ne les connaissent plus», dixit l’un des soignants: un couple de quinquagénaires est en effet arrivé à l’infirmerie dans un sale état.

Local Un client du troquet local a demandé un verre de fendant. «Du quoi?», lui a demandé la serveuse, française. Il s’est avéré que du fendant, il n’y en avait pas.

Lost in translation Un musicien de Tryo s’est endormi dans le train. Au lieu de Neuchâtel, il s’est réveillé à Lausanne, son portable à plat. Il a béni la Suisse et son attachement aux cabines téléphoniques...

œil pour œil Tous les festivaliers les ont repérés, ces gros yeux verts dansant gaiement au sommet de leur bâton. Leurs créatrices sont dix copines franc-montagnardes d’environ 20 ans. Et apparemment, les gens adorent. «Certains nous demandent à quel stand on peut les acheter, d’autres essaient de nous les voler. Quelqu’un m’en a même proposé 200francs», raconte Lorraine Cattin. «Leur avantage: on n’a plus besoin de portable pour se retrouver», ajoute Jeanne Cattin.


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